La périarthrite scapulohumérale désigne un ensemble de pathologies touchant les structures péri-articulaires de l’épaule : tendons, bourses, capsule. Très répandue après 40 ans, cette affection peut évoluer vers une raideur sévère, voire une épaule totalement bloquée. Connaître ses formes, ses stades et ses options thérapeutiques permet d’agir rapidement et de limiter les conséquences sur la qualité de vie.
Qu’est-ce que la périarthrite scapulohumérale ?
La périarthrite scapulohumérale (PSH) désigne un ensemble de pathologies inflammatoires et dégénératives touchant les structures situées autour de l’articulation de l’épaule. Le préfixe « péri- » signifie littéralement « autour », tandis que « scapulo-huméral » renvoie à l’articulation entre l’omoplate (scapula) et l’humérus.
Une articulation complexe au coeur du diagnostic
L’articulation scapulo-humérale repose sur une tête sphérique de l’humérus qui s’emboîte dans la cavité glénoïde de l’omoplate. La capsule articulaire enveloppe l’ensemble. La coiffe des rotateurs regroupe quatre muscles — le sus-épineux, le sous-épineux, le petit rond et le sous-scapulaire — qui assurent la stabilisation et les mouvements rotatoires du bras.
Quelles structures sont concernées ?
La PSH touche exclusivement les tissus mous péri-articulaires :
- Les tendons et muscles de la coiffe des rotateurs
- Les bourses séreuses
- La capsule articulaire
L’arthrose scapulo-humérale n’est pas une périarthrite : elle concerne l’os et le cartilage, non les tendons ni les muscles. La PSH touche une ou les deux épaules et apparaît rarement avant 40 ans.

Quelles sont les différentes formes et leur évolution par stades ?
La périarthrite scapulohumérale regroupe plusieurs formes distinctes, dont la gravité varie de la simple inflammation à la perte totale de mobilité. Ces formes touchent des structures différentes autour de l’articulation, ce qui explique la diversité des tableaux cliniques.
Les formes cliniques, de la moins grave à la plus sévère
Les formes sont classées selon la structure atteinte et l’intensité des douleurs :
- Bursite : inflammation des bourses séreuses qui facilitent le glissement des tendons.
- Tendinite : inflammation d’un tendon, notamment le sus-épineux ou le long biceps.
- Tendinite calcifiante : dépôts calcaires dans un tendon, aussi appelée calcification de l’épaule.
- Lésion du bourrelet glénoïdien : atteinte du cartilage stabilisateur de l’épaule.
- Arthrose acromio-claviculaire : usure de l’articulation entre la clavicule et l’omoplate.
- Capsulite rétractile : inflammation de la capsule articulaire, responsable d’une raideur sévère.
- Rupture de la coiffe des rotateurs : déchirure partielle ou totale des tendons de la coiffe.
Les quatre stades évolutifs
La pathologie progresse selon quatre stades bien identifiés :
| Stade | Nom | Description |
| 1 | Épaule douloureuse simple | Douleur modérée, mobilité conservée |
| 2 | Épaule douloureuse aiguë | Douleur intense et lancinante, diminution de la mobilité |
| 3 | Capsulite rétractile | Douleur vive, gestes très restreints, retentissement professionnel et personnel |
| 4 | Frozen shoulder (épaule gelée) | Impossibilité de bouger le bras, toute tentative déclenche une décharge douloureuse |
Les troubles des vertèbres cervicales basses (C5-C7) et dorsales hautes (T1-T4) sont fréquemment impliqués dans l’origine de la périarthrite scapulohumérale, aux côtés des atteintes directes de l’articulation.

Comment diagnostiquer une périarthrite scapulohumérale ?
Le diagnostic de la périarthrite scapulohumérale repose d’abord sur un examen clinique rigoureux, avant tout recours à l’imagerie. Des douleurs nocturnes persistantes ou une perte de mobilité progressive justifient une consultation sans délai.
Un diagnostic d’abord clinique
Le rhumatologue recueille les caractéristiques précises de la douleur : circonstances de survenue, facteurs aggravants, présence de douleurs nocturnes. Il recherche le « painful arc », soit un arc douloureux à l’élévation du bras entre 60° et 120°, signe caractéristique d’une atteinte des tendons de la coiffe des rotateurs. Les antécédents médicaux, les traitements en cours et l’activité professionnelle ou sportive complètent ce bilan initial.
Les examens complémentaires
Plusieurs examens d’imagerie précisent ensuite le diagnostic :
- Radiographie : détecte des calcifications ou élimine une fracture.
- Échographie articulaire : visualise les tendons et les bourses séreuses.
- IRM : observe avec précision les tissus mous — tendons, muscles, capsule — et confirme le diagnostic, notamment en cas de douleur chronique ou de suspicion de rupture de la coiffe des rotateurs.
- Arthrographie : aide à poser le diagnostic en cas de doute.
Le bilan biologique
Un bilan biologique peut être prescrit pour écarter d’autres pathologies aux manifestations proches, comme la polyarthrite rhumatoïde. Ce diagnostic différentiel reste indispensable pour orienter la prise en charge vers le traitement adapté.

Quels traitements pour soulager la périarthrite scapulohumérale ?
Une fois le diagnostic posé, la prise en charge de la périarthrite scapulohumérale suit trois niveaux selon la gravité des symptômes et la durée d’évolution.
Traitement fonctionnel : gérer la douleur aiguë
En phase aiguë, l’objectif est de calmer l’inflammation des tendons et de l’articulation. Les mesures comprennent :
- Repos de l’articulation et port d’une orthèse
- Antalgiques et AINS par voie orale ou locale
- Infiltrations de corticoïdes si la douleur résiste
- Calcitonine en spray nasal pour les formes calcifiantes
Ce niveau de prise en charge nécessite près d’un an pour produire une amélioration notable.
Rééducation : traiter la douleur chronique
Lorsque les douleurs persistent, la kinésithérapie prend le relais. Elle inclut massages, électrothérapie, ultrasons et ondes de choc pour restaurer la mobilité des muscles et des tendons. L’ostéopathie corrige les dysfonctionnements posturaux et mécaniques des fascias ou de la colonne.
Myers et al. (2018, Journal of Bodywork and Movement Therapies) démontrent que l’ostéopathie réduit les douleurs et améliore la mobilité en cas de tendinite chronique de l’épaule.
Chirurgie : les cas graves
L’arthroscopie reste réservée aux ruptures graves de la coiffe des rotateurs, aux capsulites rétractiles avancées ou à l’arthrose acromio-claviculaire avec bec de perroquet. La chirurgie n’est envisagée qu’après au moins deux ans d’évolution sans amélioration. Une manipulation sous anesthésie générale peut aussi être proposée.

Périarthrite scapulohumérale : vers une prise en charge toujours plus personnalisée
La périarthrite scapulohumérale reste une pathologie complexe dont la prise en charge évolue. Les progrès en imagerie médicale permettent un diagnostic de plus en plus précis, favorisant une orientation thérapeutique adaptée à chaque forme clinique. Les techniques de rééducation se diversifient, avec une place grandissante pour les thérapies manuelles et les ondes de choc. À l’avenir, de nouvelles thérapies biologiques pourraient venir compléter l’arsenal médical et réduire le recours à la chirurgie.

Je suis pierre, passionné par les avancées médicales et le bien etre. Je vous partage, au travers de ce site, des avis, conseils et l’actualité du secteur. Ces informations ne remplacent aucunement les prescriptions d’un médecin et je vous invite à consulter un professionnel en cas de doute.