Le torticolis congénital touche jusqu’à 2 % des nouveaux-nés en France, ce qui en fait la troisième pathologie néonatale la plus fréquente. Reconnaître ses signes dès les premières semaines de vie est décisif pour garantir une prise en charge rapide et éviter des séquelles fonctionnelles ou esthétiques durables. Cet article fait le point sur le diagnostic et les options thérapeutiques disponibles.
Qu’est-ce que le torticolis congénital du nourrisson ?
Le torticolis congénital du nourrisson tire son nom du latin tortum collum, signifiant « cou tordu », et congenitus, « né avec ». Cette pathologie se manifeste dès la naissance ou dans les premières semaines de vie.
Une pathologie néonatale fréquente
Le torticolis congénital représente la troisième pathologie néonatale la plus fréquente. En France, sa prévalence atteint entre 0,3 et 2 % des nouveaux-nés. Le muscle en cause dans la majorité des cas est le muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM), qui relie la région sous-auriculaire du crâne à la clavicule et au sternum. Son raccourcissement unilatéral provoque une inclinaison latérale de la tête avec une rotation du côté opposé.
Les trois formes du torticolis congénital
On distingue trois formes cliniques :
- Torticolis postural : forme légère représentant 20 % des cas, avec une position préférentielle de la tête sans limitation réelle de mobilité.
- Torticolis musculaire : forme avec limitation mesurable de la rotation ou de l’inclinaison de la tête, sans masse palpable.
- Torticolis musculaire avec nodule : forme la plus sévère, avec une olive musculaire palpable au niveau du SCM. Les nourrissons présentant ce nodule bénéficient d’une prise en charge plus rapide.
Dans 80 % des cas, le torticolis est d’origine musculaire, lié à une rétraction du SCM.

Quelles sont les causes et les symptômes du torticolis congénital ?
Le torticolis congénital du nourrisson présente des signes cliniques observables dès les premières semaines de vie. Ces signes sont distincts des caractéristiques présentées précédemment et permettent d’orienter vers un diagnostic.
Les causes du torticolis congénital
Trois origines principales sont identifiées :
- Position prolongée dans l’utérus : une compression du muscle SCM survient notamment lors d’une grossesse gémellaire.
- Accouchement difficile : c’est la cause la plus fréquente. L’utilisation de forceps ou de ventouses génère une lésion musculaire du SCM, un hématome puis une fibrose.
- Anomalies vertébrales congénitales : le syndrome de Klippel-Feil ou une fusion atlanto-occipitale favorisent l’apparition du torticolis.
Certains médecins évoquent également des contraintes intra-utérines liées aux postures adoptées par la mère, notamment en position assise prolongée.
Les symptômes observables chez le nourrisson
Les signes cliniques apparaissent dans les premières semaines suivant la naissance :
- Inclinaison persistante de la tête d’un côté avec rotation limitée du côté opposé
- Difficulté à tourner la tête dans une direction
- Asymétrie du visage ou du crâne (plagiocéphalie)
- Masse palpable au niveau du cou : l’olive musculaire
- Affaissement de l’éminence frontale
- Élévation de la clavicule et de l’épaule du côté atteint
- Scoliose posturale cervico-thoracique
Ces signes réduisent la capacité du bébé à interagir avec son environnement et à mobiliser librement son cou.

Comment diagnostiquer un torticolis congénital ?
Le diagnostic du torticolis congénital repose sur un examen clinique rigoureux. Un médecin ou un kinésithérapeute évalue la posture de la tête, la mobilité cervicale et la présence d’une masse musculaire au niveau du SCM.
Les quatre critères de dépistage clinique
Laruelle S. et Chaib Derra H. définissent quatre symptômes de dépistage à rechercher systématiquement :
- Un déficit de mobilité cervicale en rotation unilatérale (la mobilité normale atteint environ 110° de chaque côté)
- Des tensions musculaires sur le SCM ou le trapèze
- Des signes posturaux globaux
- Une asymétrie cranio-faciale observable
Le praticien observe le crâne du nourrisson dans les trois plans de l’espace. Il recherche toute déformation asymétrique, notamment au niveau occipital ou frontal.
Examens complémentaires en cas de doute
L’examen clinique explore également d’autres anomalies associées :
- Une asymétrie du tronc : scoliose du nourrisson
- Des anomalies des pieds : pied talus, pied bot varus
- Tout signe évocateur d’une malposition anténatale
Des radiographies des vertèbres cervicales, des épaules et de la hanche peuvent être prescrites. Une échographie du SCM révèle la présence d’un nodule fibreux dans les formes les plus sévères. Un diagnostic posé avant 3 mois conditionne directement l’efficacité de la prise en charge ultérieure.

Quels sont les traitements du torticolis congénital et comment se déroule la prise en charge ?
Une fois le diagnostic posé, la prise en charge débute sans délai. Le choix du traitement dépend de l’âge du nourrisson et de la sévérité de l’atteinte.
La kinésithérapie, traitement de première intention
La rééducation kinésithérapeutique du torticolis congénital produit des résultats directement liés à la précocité de sa mise en place. Débutée avant 3 ou 4 mois, elle affiche un taux de réussite avoisinant 100 %. Après 6 mois, ce taux descend sous les 40 %. Au-delà d’un an, la rééducation kinésithérapeutique n’a plus d’effet sur le SCM rétracté.
La prise en charge suit trois étapes successives :
- Observation de la gesticulation spontanée et des attitudes préférentielles
- Bilan fonctionnel en position dorsale, ventrale, assise et en suspension latérale
- Élaboration d’un programme personnalisé
Les techniques employées comprennent les étirements passifs du SCM, l’apprentissage moteur (retournements, enroulements, transferts de poids, réflexes de protection), les postures statiques et le port de casque associé à des exercices moteurs. Les parents jouent un rôle central : positions de portage, aménagements du lit, transat, siège auto, stimuli visuels et sonores. Des mesures posturales sont applicables dès la naissance.
Traitements chirurgicaux et injections de toxine botulique
La chirurgie est réservée aux cas graves ou sans prise en charge précoce. La ténotomie uni ou bipolaire et la plastie en Z du SCM sont préconisées autour de 2 à 3 ans. Dans certains cas résistants, des injections de toxine botulique dans le muscle concerné peuvent être envisagées pour détendre le SCM rétracté.

Le torticolis congénital : vers une meilleure détection et de nouvelles perspectives thérapeutiques
Le torticolis congénital du nourrisson, longtemps sous-estimé, bénéficie aujourd’hui d’une attention croissante de la part des professionnels de santé. Les avancées dans le dépistage systématique à la naissance et la sensibilisation des parents aux signes d’alerte devraient permettre de réduire le nombre de cas pris en charge tardivement. À l’avenir, le développement de protocoles de rééducation personnalisés et l’utilisation de technologies comme la réalité augmentée pour guider les exercices parentaux pourraient améliorer encore les résultats. La recherche sur les causes génétiques et les anomalies vertébrales associées ouvre également de nouvelles pistes pour mieux comprendre et traiter les formes les plus complexes de cette pathologie.

Je suis pierre, passionné par les avancées médicales et le bien etre. Je vous partage, au travers de ce site, des avis, conseils et l’actualité du secteur. Ces informations ne remplacent aucunement les prescriptions d’un médecin et je vous invite à consulter un professionnel en cas de doute.