Le syndrome d’apnées du sommeil touche 4 % de la population française, soit 1,8 million de patients traités. Pourtant, ce trouble respiratoire nocturne reste largement sous-diagnostiqué. Comprendre ses symptômes, ses risques et les thérapies disponibles est indispensable pour agir à temps et préserver sa santé cardiovasculaire, métabolique et sa qualité de vie au quotidien.
Qu’est-ce que le syndrome d’apnées du sommeil ?
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est un trouble respiratoire nocturne fréquent et sous-diagnostiqué. En France, 1,8 million de patients sont actuellement traités, mais la prévalence réelle dépasse largement ce chiffre.
Des pauses respiratoires nocturnes répétées
Le SAHOS se définit par des interruptions complètes de la respiration — les apnées — ou des réductions du flux d’air d’au moins 30 % — les hypopnées. Ces épisodes durent de 10 à 30 secondes, parfois jusqu’à 90 secondes. Ils surviennent au moins 5 fois par heure de sommeil. Chez certains patients, plusieurs centaines d’épisodes se produisent au cours d’une seule nuit.
Le relâchement des muscles du pharynx provoque un collapsus des voies aériennes. Ce collapsus entraîne des micro-réveils répétés, dont le patient n’a pas conscience. La désoxygénation sanguine qui en résulte fragilise le coeur et le cerveau sur le long terme.
Les trois niveaux de sévérité selon l’IAH
La sévérité du SAHOS est mesurée par l’indice d’apnées/hypopnées (IAH), exprimé en nombre d’épisodes par heure :
| Niveau | IAH |
| Légère | 5 à 15 |
| Modérée | 16 à 30 |
| Sévère | supérieur à 30 |
SAHOS et apnées centrales : deux troubles distincts
Le SAHOS, de loin le plus répandu, résulte d’une obstruction physique des voies aériennes supérieures. Les apnées centrales du sommeil, plus rares, trouvent leur origine dans une anomalie de la commande respiratoire cérébrale. Dans ce cas, aucune obstruction n’est en cause : le cerveau n’envoie pas le signal de respirer. Ces deux formes nécessitent des prises en charge différentes. En France, 4 % de la population est touchée par les troubles des apnées du sommeil, toutes formes confondues.

Qui est à risque et quels sont les symptômes à reconnaître ?
Certains signes du syndrome d’apnées du sommeil passent inaperçus pendant des années. Ils sont banalisés, attribués au stress ou à l’âge. Pourtant, identifier les personnes à risque et reconnaître les symptômes accélère la prise en charge.
Les principaux facteurs de risque
Plusieurs profils concentrent la majorité des cas de SAHOS :
- L’âge : 30 % des personnes de plus de 65 ans sont touchées.
- Le sexe : 4 % des hommes contre 2 % des femmes sont concernés, bien que les femmes soient sous-diagnostiquées.
- Le surpoids et l’obésité : 70 % des patients SAHOS présentent un excès de poids.
- Les anomalies ORL : grosses amygdales, mâchoire reculée, obstruction nasale.
- La prédisposition familiale : un antécédent familial augmente le risque.
Symptômes nocturnes et diurnes à identifier
La nuit, les signes les plus fréquents sont des ronflements bruyants, des pauses respiratoires observées par le partenaire, des sueurs nocturnes et des levers répétés pour uriner (nycturie).
Le jour, la somnolence domine : fatigue persistante, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, irritabilité, baisse de libido et maux de tête au réveil.
Des conséquences à long terme documentées
Sans prise en charge, le SAHOS augmente le risque d’hypertension artérielle, de maladies coronariennes, d’AVC, de diabète et de syndrome métabolique. La somnolence diurne multiplie par ailleurs le risque d’accidents de la route et du travail.

Comment diagnostique-t-on le syndrome d’apnées du sommeil ?
Le diagnostic du syndrome d’apnées du sommeil repose sur des enregistrements du sommeil validés par la HAS dans ses recommandations de 2014. Deux examens sont prescrits en France.
Polygraphie ventilatoire et polysomnographie : deux examens de référence
La polygraphie ventilatoire enregistre uniquement les paramètres respiratoires. Elle convient aux formes cliniquement évocatrices. La polysomnographie complète ajoute un électroencéphalogramme, un électromyogramme et un électrocardiogramme. Elle reste réservée aux situations complexes ou aux doutes diagnostiques.
Ces deux examens calculent l’indice d’apnées/hypopnées (IAH), exprimé en nombre d’événements par heure de sommeil :
| Sévérité | IAH (événements/heure) |
| Légère | 5 à 15 |
| Modérée | 15 à 30 |
| Sévère | supérieur à 30 |
En première intention, le médecin utilise des questionnaires cliniques standardisés — Epworth, Berlin — pour évaluer la somnolence diurne avant toute prescription d’enregistrement.
Des délais longs, mais des alternatives numériques émergentes
L’accès à ces examens en France atteint souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certaines régions. Des dispositifs connectés portables, utilisables au domicile sur plusieurs nuits consécutives, réduisent ces délais. Le capteur Sunrise en est un exemple. La télémédecine réduit les inégalités géographiques d’accès au diagnostic, notamment loin des grandes villes comme Paris où les centres spécialisés de l’Inserm sont concentrés.

Quelles sont les options thérapeutiques disponibles aujourd’hui ?
Face au SAHOS, l’arsenal thérapeutique va des règles de vie aux traitements médicamenteux de dernière génération. Le choix du traitement dépend de la sévérité du syndrome, du profil anatomique du patient et de ses comorbidités.
Mesures hygiéno-diététiques : le socle incontournable
Pour les formes légères, les modifications du mode de vie réduisent nettement la sévérité des apnées. Une perte de poids de 10 à 15 % du poids initial diminue significativement l’indice d’apnées/hypopnées (IAH). L’activité physique régulière, l’arrêt du tabac et de l’alcool avant le coucher, ainsi que la position latérale de sommeil (sur le côté), figurent parmi les recommandations de première ligne.
La ventilation en pression positive continue (PPC / CPAP)
La PPC reste le traitement de référence du SAHOS modéré à sévère. Un masque relié à une machine délivre un flux d’air continu pour maintenir les voies aériennes ouvertes. En France, 1,8 million de patients sont actuellement traités par PPC. L’amélioration de la qualité de vie survient en quelques semaines. Limite notable : une personne sur deux abandonne ce traitement au bout de 3 ans.
Orthèse, chirurgie, stimulation et médicaments
L’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM), fabriquée sur mesure par un dentiste spécialisé, traite les formes légères à modérées ou en cas d’intolérance à la PPC. La chirurgie reste réservée aux anomalies anatomiques majeures (amygdales hypertrophiées, mâchoire reculée). La stimulation électrique du nerf hypoglosse via un implant démontre son efficacité chez des patients sélectionnés, peu obèses.
Sur le plan pharmacologique, plusieurs pistes progressent :
- Atomoxétine / oxybutynine : amélioration du tonus musculaire des voies aériennes
- Acétazolamide / sulthiame : stabilisation de la commande ventilatoire
- Pitolisant / solriamfetol : remboursés en France pour la somnolence résiduelle sous PPC

Syndrome d’apnées du sommeil : vers de nouvelles perspectives de prise en charge
La prise en charge du syndrome d’apnées du sommeil connaît une évolution rapide et prometteuse. Les dispositifs connectés facilitent le dépistage à domicile, tandis que la télémédecine réduit les inégalités d’accès au diagnostic. Sur le plan thérapeutique, les nouvelles pistes pharmacologiques ouvrent des voies complémentaires à la ventilation et aux orthèses. À mesure que la recherche progresse, une médecine personnalisée, tenant compte du profil de chaque patient, devrait permettre d’améliorer durablement l’adhésion aux traitements et la qualité de vie des personnes concernées.

Je suis pierre, passionné par les avancées médicales et le bien etre. Je vous partage, au travers de ce site, des avis, conseils et l’actualité du secteur. Ces informations ne remplacent aucunement les prescriptions d’un médecin et je vous invite à consulter un professionnel en cas de doute.