Expatriation

Soif d’ailleurs, choix de carrière, découverte d’une nouvelle langue…? 

 
Quels que soient les motifs, vous êtes chaque année de plus en plus nombreux à succomber à l’appel de l’international. S’établir à l’étranger relève d’une décision à la fois personnelle, professionnelle, et culturelle et se présente comme un vrai défi. Comment franchir le pas ?
Comment s'y prendre ? De quelle couverture santé allez-vous bénéficier ? Avant de partir, posez-vous surtout les bonnes questions.
 
Notre panorama des notions-clés de l’expatriation vous aideront à vous décider pour, peut-être, franchir le pas.  
 
 

Expatriation : cadre général 
 

Souvent utilisé dans le langage courant pour désigner une immigration, plus ou moins choisie pour des raisons professionnelles ou personnelles, le terme d’expatriation relève en réalité d’un statut particulier défini par la Sécurité sociale française. La distinction s’établit entre les notions de détachement et d’expatriation. Dans les faits, ce statut est devenu rare car coûteux pour l’entreprise. La plupart des français travaillant à l’étranger sont donc sous un contrat local et souscrivent à la Caisse des Français à l’étranger.
 
Dans le dossier que nous vous proposons, l’expatriation recouvrira principalement la notion de « séjours professionnels», c’est-à-dire soit à l'initiative de l'employeur, soit à l'issue d'une recherche individuelle. Ce qui représente 50% des situations de départs. 
 
Définition au regard de la Sécurité sociale 
 
Si vous partez avec un contrat de travail français, vous avez la possibilité d’être soit «détaché», soit «expatrié». 
 
  • Dans le premier cas, vous et votre employeur continuez de cotiser auprès du régime français de Sécurité sociale. 
     
  • Dans le second cas, le salarié expatrié abandonne tout lien social avec la France, contrairement au salarié détaché.
 
Il relève alors du régime de sécurité sociale du pays où il travaille et doit cotiser à ce régime. Il lui est possible de se constituer une couverture sociale en France en s’affiliant auprès de la Caisse des Français de l’Etranger (C.F.E).
 
Est expatrié tout travailleur français dont la mission excède la durée prévue par les conventions bilatérales, ou qui est employé par une entreprise étrangère, ou dont l’employeur préfère le statut expatrié à celui de détaché.
 
 
Focus. L’expatriation en chiffres.

2,5 millions : estimation réaliste du nombre de Français expatriés dans le monde au regard du 1,4 million de Français inscrits sur le registre de recensement officiel (l'enregistrement auprès du ministère des Affaires étrangères restant facultatif). (32 % résident en Europe occidentale, 25 % sont en Asie ou en Océanie, 21 % vivent en Amérique du Nord)

Les expatriés sont 13 % à avoir bac +3 ou plus mais ont majoritairement fait des études courtes : 79 % sont titulaires d'un diplôme Bac + 1 ou 2.

1% : c'est le taux de chômage de la population expatriée. Chiffre bien en dessous de la moyenne nationale!

77 % de la communauté des expatriés affirment bien maîtriser la langue de travail locale. La pratique courante de l’anglais étant quasi indispensable ...

Source : Ministère des Affaires étrangères

 
 

Programme Vacances-Travail (PVT)
 

Si vous avez entre 18 et 30 ans et rêvez d’une immersion prolongée dans un mode de vie différent ?  
Le programme vacances-travail  (PVT) est fait pour vous !
C’est un dispositif qui permet à tous les jeunes Français de s’expatrier pendant un an à la découverte d’un pays étranger, tant sur le plan culturel que professionnel, grâce à une délivrance de visa simplifiée.
La France possède déjà des accords avec le Canada, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud et l’Argentine, Singapour, Taiwan. Elle souhaite étendre ce dispositif, dont près de 30 000 jeunes Français  (« Pvtistes ») ont bénéficié en 2009, à des pays répartis dans toutes les régions du globe, grâce à la signature de nouveaux accords.
A suivre donc.
 
 
 

S’expatrier : un projet à bien méditer avant de s’engager 

 
Quelles sont les motivations profondes qui vous poussent à partir ? S’agit-il d’un choix d’avancement de carrière, mu par une conjoncture professionnelle favorable, d’une envie de briser la routine, d’éprouver votre sens d’adaptation et votre ouverture d’esprit, de devenir parfaitement bilingue... ? La concrétisation de votre projet passe par ce sondage liminaire.
 
La mission
 
Avant de vous engager dans une mission qui vous paraît idyllique, et pour vous épargner toutes mauvaises surprises, vous devez vous rendre compte de la réalité de la fonction sur place et examiner le contrat qui vous est proposé.
 
De qui dépendrez-vous hiérarchiquement ? Quels seront vos prérogatives et vos ressources, vos éléments de prime et rémunération, votre protection sociale (assurance chômage, système de retraite, couverture santé) ? 
Ces questions sont d’autant plus cruciales qu’une multitude de frais sont à prévoir pour votre installation (et votre retour) : voyage, déménagement, relogement, procédures administratives, visas, ouverture d’un compte en banque sur place….
 
A quel niveau de participation, votre employeur entend vous accompagner dans ces frais inhérents à l’expatriation ?  
 
Ces éléments de négociation sont à régler minutieusement avant le départ.
 
 
Le choc culturel
 
De nombreux expatriés revenus en France d’un périple de 18 mois à 3 ans témoignent souvent d’une expérience qui a pu bousculer leur ouverture d’esprit et un sens d’adaptation qu’ils pensaient à toutes épreuves. A l’étranger, les repères sociétaux et comportementaux sont chahutés : logement, nourriture, culture, système de santé, organisation hiérarchique dans l’entreprise (au Japon par exemple). Le dépaysement est tel qu’après la période d’installation et de découverte « touristique » et presque euphorique, vient la période d’ajustement et d’équilibre nécessaires, quand il n’est pas temps déjà de préparer son retour…  Le cycle d’adaptation qui consiste à faire cette synthèse enrichissante de deux cultures ne réussit pas à tous ou nécessite un temps incompressible qui peut manquer, surtout si la mission est inférieure à 2 ans. 
 
A contrario, il ne faudrait pas s’oublier culturellement en se fondant complètement dans les us et coutumes du pays.  
 
Les professionnels de l’expatriation s’accordent sur le fait que cette aventure doit être vécue comme un « plus », un enrichissement personnel et professionnel et non comme une complète assimilation voire une négation de ses propres codes ou de la culture de sa propre entreprise d’origine jusqu’à devenir un « local ». Plus durs seront le retour et la ré- adaptation à l’entreprise d’origine.
 
C’est pourquoi, une préparation et une sensibilisation au pays d’accueil permettent de réduire ce syndrome pour faciliter l'adaptation et conjurer l’importante désillusion d’avoir failli dans son projet.
 
 

Anticiper les conditions de retour  
 

N’attendez pas de préparer votre départ le jour de votre départ ! Pour amorcer l’atterrissage en douceur mais sans déconvenues, il faut veiller à ne pas se laisser surprendre par une immersion qui vous aurait quelque peu couper de l’entreprise qui vous a confié la mission d’expatriation. C’est indéniable, pendant votre séjour, surtout si celui-ci se prolonge autour des 4/5 ans, votre entreprise va connaître des mouvements de personnels, de nouvelles stratégies, votre poste pourra même sensiblement changer de nature au sein de l’organigramme. 
 
De nouveaux cadres sont embauchés et il se peut qu’en rentrant, vous ne retrouviez plus les personnes-ressources dont vous étiez familier… Par ailleurs, au-delà de la mission consentie au départ, sachez que l’employeur  n’est pas tenu de vous conserver dans ses équipes à votre retour. C’est pourquoi, il est indispensable de garder le contact avec votre entreprise par tous moyens zélés. Comment ? En « grenouillant » pour reprendre le jargon des sociétés, c’est à dire en exerçant une veille active, en vous rendant régulièrement au siège (évidemment plus simple en Europe), en rendant visibles vos travaux effectués dans votre pays d’accueil,  en se tenant informé des appels d’offre de postes, des nominations et autres. 
 
Quant au retour physique et matériel en France, il se prépare quelques mois à l’avance. Vous aurez à refaire, étape par étape, le chemin inverse du départ. Mais nous ne développerons pas davantage le sujet, car bien aguerri par ce parcours initiatique d’expatriation, vous aurez développé pour votre « come-back » une meilleure sensibilité à des démarches déjà mieux balisées. 

 

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