Les cubains libres de voyager

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Lundi dernier à minuit, les cubains ont enfin obtenu le droit de voyager ! Grâce à une réforme instaurée par le président Raul Castro, la population a désormais le droit de quitter le pays, ce qui était interdit depuis 1961.

 

C’est la première grande mesure sociale du régime communiste, mais celle-ci reste encore inaccessible à la majeure partie de la population : le passeport, le permis de sortie, les certifications de documents et le visa du pays de destination pouvaient atteindre les 500 dollars (sans compter en plus le prix du billet d'avion) qui rendaient les voyages beaucoup trop chers pour une population dont le salaire mensuel moyen est de 20 dollars.

 

Tous les cubains âgés de plus de 18 ans ont l’autorisation de se rendre à l’étranger seulement s’ils sont pourvus d’un passeport en règle (100 dollars pour obtenir un passeport). Pour les mineurs, il est aussi possible de sortir du pays munis d’autorisations écrites des parents/tuteurs.

 

La loi devrait bénéficier particulièrement aux Cubains qui souhaitent revoir leur pays après l’avoir quitté (un cubain sur six vit à l'étranger - dont 80% aux Etats-Unis). Les sportifs de haut niveau ainsi que d'autres personnes (certains dirigeants et acteurs économiques) continueront eux, à faire l’objet d’interdiction de sortie du territoire.

 

Avant cette réforme, les cubains qui voulaient quitter l’île devaient acquérir une « carte blanche » et avoir une lettre d’invitation à l’étranger. Ils ne pouvaient rester qu’au maximum 11 mois hors de Cuba sinon leurs biens étaient confisqués et ils étaient définitivement expatriés. Cette décision politique a été saluée par les Etats-Unis, qui trouvent qu’elle correspond à la déclaration universelle des droits de l’Homme.

 

Le risque pour Cuba est que cette réforme déclenche une trop forte fuite vers les Etats-Unis.

 

"Il y aura toujours des filtres. Au final, le gouvernement choisira qui peut et ne peut pas sortir du pays", a déclaré Berta Soler, la leader du groupe d'opposition des Dames en blanc qui rassemble épouses et proches de détenus politiques. Cette réforme n’est-elle que superficielle ?

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